Plusieurs
jours qu'il me faisait de l'oeil chez Thomas Clément, ce tomcast d'Alexandre Jardin présentant son dernier opus
"Chaque femme est un roman" ...
Cet après-midi j'ai trouvé le temps de le visionner, et, comme toujours dès qu'il ouvre la bouche, l'auteur m'a fait rire, et détecter, comme souvent, de petits moments de vérité, de sens,
dans ses propos qui peuvent paraître, c'est vrai, plus délirants qu'hilarants ...
Mais j'ai quelques raisons de croire que, pourtant, quoi qu'il en paraisse, beaucoup de ses dires sont très proches de la vérité ... mais qu'est-ce que la vérité, qu'est-ce que la littérature, si
ce n'est enfermer dans quelques pages reliées des fragments de vie déformés, sublimés, entortillés par l'imaginaire créatif du narrateur ... comme il le dit lui-même.
Cet homme-là vit une vie dans notre monde, mais légèrement, très légèrement, en marge de notre réalité, c'est tout. Et après tout, n'est-ce pas le moins que l'on puisse demander à un romancier, à
celui qui doit nous faire rêver et nous transporter dans un autre monde ? Et puis être le fils de celui qui glissait des chèques en blanc signés dans des annuaires de cabines téléphoniques,
ça oblige à être à la hauteur, question imaginaire ...
Alors écoutez-le vous raconter certaines aventures de ces femmes dont il a fait des chapitres de son dernier livre ... comme par exemple cette histoire incroyable (mais pourquoi chez les Jardin
les histoires sont-elles toujours incroyables ... ? peut-être simplement parce qu'ils sont incroyables eux-mêmes) d'une japonaise qui l'aborde à la sortie d'une signature, l'entraîne
consentant, dans son pavillon de banlieue pour ce qu'il pense être, à juste titre, un bon moment de sexitude ... et qui le vire en pleine nuit après lui avoir présenté un ouvrage à
dédicacer ... ce qu'il n'a pu faire, ce n'était pas le sien, elle l'avait pris pour Daniel Pennac !
... et pour finir de se persuader que la réalité n'est, chez les Jardin, pas tout à fait la même que chez nous, l'affaire de son frère Frédéric a connu son épilogue "génétique" ... Frédéric
s'était persuadé qu'il était en réalité le fils du cinéaste Claude Sautet, ce dernier ayant formé à une époque un curieux mélange avec ses parents ... Après le décès de Claude Sautet Frédéric a
entamé une procédure judiciaire pour établir cette paternité, contraignant le propre fils du cinéaste à confronter son ADN au sien ... Le test a révélé que Frédéric n'était peut-être pas le fils
de son propre père , mais qu'il n'était pas non plus celui du sien ...
Et après on dira qu'Alexandre fabule autour d'un romanesque qu'il voudrait faire passer pour la réalité ... mais je crois qu'il n'en a nul besoin ... le romanesque et le fantasque sont dans sa
famille, ancrés, chaque membre les entretient soigneusement; ils n'en sont pas vraiment les héritiers, mais plutôt de simples passeurs ...
Dimanche 13 avril 2008
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