Ceux qui me connaissent savent à quel point Bach est certainement le compositeur classique qui compte le plus dans ma vie de musicienne, même si j'en ai
joué et en joue beaucoup d'autres, en particulier Beethoven, Schubert et Debussy.
Je vois de plus en lui le précurseur de la musique rythmée du 20è siècle, jazz en tête, j'en ai déjà parlé à propos de Benjamin Siksou.
Hélène Grimaud vient d'enregistrer pour la première fois chez Deutsche Grammophon son premier disque consacré à Bach.
Je voulais l'acheter hier ... malheureusement je ne l'ai pas trouvé ici. Je vais donc le commander.
Mais je me suis offert "Infiniment Bach" par Glenn Gould, un double CD qui me permet de compléter ma collection.
Je souhaite expérimenter Grimaud, d'une part parce que j'apprécie beaucoup la personne, son histoire personnelle, son approche de la vie, mais aussi parce que je veux détecter son approche de
Bach, ce en quoi elle va se démarquer, ou non, de mon "maître es Bach", Glenn Gould. C'est auprès de lui et de ses interprétations que j'ai déchiffré mes partitions, que j'ai adapté l'écriture,
parfois, à son rendu sonore, tant il ne m'a jamais effleuré qu'on pouvait faire autrement, ni, surtout, mieux.
Mais j'ai confiance en Hélène Grimaud. Elle est capable d'en sortir autre chose, qui saura également me passionner.
Quelques phrases pour résumer leur ressenti du compositeur ...
Hélène Grimaud :
« Bach est un compositeur messianique, il résume toute la musique, celle du passé et celle à venir. Comment l'évoquer sans sentir nos propres limites, sans percevoir d'abîme ? »
" Nul artiste -Shakespeare excepté - n'a su comme lui transmettre chaque éclat du monde en une émotion aussi profonde et intime. Bach nous donne à entendre quelque chose qui s'apparente à la
révélation de la vie, comme si sa musique était la conscience de la musique elle-même, son assurance, sa promesse. "
" On se trompe à vouloir ne faire de Bach qu'un homme de son temps témoignant uniquement pour celui-ci, car Bach est toujours à venir. C'est comme une île au milieu du fleuve, insubmersible au
milieu des courants et contre-courants. " (entretiens avec l'Express)
Glenn Gould, en exergue de l'album évoqué :
" Si je devais passer le reste de ma vie sur une île déserte, condamné à n'écouter et à ne jouer qu'un seul compositeur, je choisirais Bach sans hésiter. J'ai beau chercher, aucune musique ne
me semble aussi accomplie, aucune musique ne me touche aussi profondément et dans sa totalité. Au-delà de son brio éblouissant, elle possède l'inestimable qualité que je ne peux définir autrement
que par un grand mot un peu vague : l'humanité. "
Plus modestement, beaucoup plus modestement, ce qui fait pour moi la modernité absolue de Bach, sa vivacité dans notre société, ce qui participe à sa pérennité :
" [...] Bach est, pour moi, le précurseur absolu du jazz, le premier (au moins dans mon coeur), à accorder autant d'importance à la rythmique qu'à la mélodie, celui à l'écoute duquel, dans le
flot ininterrompu de notes, on se plait à repérer le rythme pur ..."
" Au départ [du jazz] était ... Bach. Oui, ce bon vieux Jean-Sébastien Bach (1685-1750).
Comment, me direz-vous, cette musique remonte à si loin dans le temps ?
La certitude absolue, ressentie profondément comme une vérité révélée , je l'ai eue le jour où j'ai écouté pour la première fois Glenn Gould jouer les trois premières partitas de Bach, de
même que l'ensemble des oeuvres qu'il m'a été donné d'entendre par la suite. Son interprétation si particulière, et mon goût déjà affirmé pour le jazz, à tout le moins la musique rythmée, m'ont
fait percevoir de façon immédiate les rapprochements saisissants qui unissaient Bach et le jazz en matière de contrepoint, au moyen duquel il imprime une ligne de basses marquant le rythme, ligne
de basse toujours perceptible dans le flot de notes ininterrompu qui caractérise Bach.
C'est en se concentrant sur cette ligne de basses, à l'écoute, que l'on peut parfois entendre "swinguer" Bach, sur quelques mesures. Et c'est en se basant sur cette rythmique que les contemporains
qui s'y sont essayés ont donné du swing à leurs arrangements jazz de Bach, en accentuant les temps faibles de la ligne de basse, et en passant les compositions en une mesure à 4 temps.
"
Découvrez
1036006,Partita No. 1 in B-flat Major, BWV 825/III. Corrente (Instrumental),58962,Glenn Gould,113383,Images - Glenn
Gould,477a8a18a418ddcc4e1490c4e59270e3,633b9fd51c80f8b51f208fc650ba2b4e,0,105,2,18!
Jeudi 6 novembre 2008
4
06
/11
/Nov
/2008
13:45
5
Et votre avis ?