Non, je ne suis pas snob,
non, je ne me soucie pas d'être hype,
mais si, parfois, je suis plutôt "dans l'air du temps", que dans le complet décalage, vous n'allez pas me jeter la pierre, quand même ?
Bon, j'avoue, je me suis méfiée tout d'abord du "Dictionnaire égoïste de la littérature française", dont rien que le titre me semblait top boboïsant pour être honnête ...; puis j'avais entendu
parler de "Je m'appelle François", sans le lire; et enfin, au fil des mois, j'ai appris à apprécier les diverses chroniques de Charles Dantzig (Docteur en droit, au demeurant), du Magazine
Littéraire à France Inter bien sûr ...
Alors quand est sorti cet ouvrage, début 2009, je ne me suis pas précipitée pour l'acheter, non, mais j'ai entendu, lu des critiques ... et, samedi, j'ai entendu l'auteur parler réllement de ce
curieux bouquin : l'affaire était dans le sac, je me suis ruée chez Virgin et suis revenue avec le précieux volume ... encombrant, certes !
J'en vois certaines, certains aussi, lever leurs yeux, parfois bleus, derrière leurs lunettes, en se disant : "Quoi ? 800 pages de listes ? oui, Manue est vraiment timbrée ..."
Car oui, c'est de listes qu'il s'agit. Des listes d'absolument tout, voire parfois de n'importe quoi, avec un parti pris qui frise parfois l'arrogance, mais qui demeure sympathique !
Qui plus est, c'est classé en grands chapitres assez parlants, ce qui permet de prendre l'ouvrage à la hussarde, par le biais que l'on souhaite, par ce qu'il nous intéresse de savoir, par ce qui
nous parle.
Moi, une fois n'est pas coutume ... j'ai commencé par la fin ! mais c'est "pur hasard" ou presque : feuilletant les têtes de chapitres des listes, je me suis laissé happer par certains thèmes, puis
engloutir par d'autres.
J'ai commencé par "Liste de comme j'ai été adoré adolescent", qui témoigne du retrait de l'auteur (attention, euphémisme !) vis-à-vis de certains (en grand nombre) de ses semblables, et vis-à-vis
de l'existence elle-même ...
J'y ai notamment trouvé ceci :
"Mon adolescence a consisté à apprendre à ne pas espérer. A esquiver tout ce qui pouvait blesser, aussi, et qui m'attaquait de toutes
parts. A la fin, on apprend à ne pas vivre. J'ai tenu la vie à distance, elle y est restée. Maintenant que je suis plus ou moins réconcilié avec moi-même, elle ne le sait pas. Elle a pris
l'habitude de me voir loin. Quel travail il va falloir pour que je la persuade du contraire ! Serai-je mort ou vieux, c'est à peu près pareil, sans y être parvenu ?"
Puis je me suis réjouie, dans la "Liste de ce qu'il y avait sur mon bureau en2006", de trouver cette référence-ci, tout particulièrement chère à mon coeur et à mes oreilles, et qu'on trouve
rarement sous la plume d'un homme :
"On pourrait remplacer la lecture de ce passage par la chanson d'Etienne Daho, "Saint Lunaire, dimanche matin". Elle raconte la douce
lassitude d'une fin de nuit de fête à l'aube. J'en ai, des souvenirs, sur ce disque ! C'est en l'écoutant en boucle que, chez la soeur d'une amie qui nous prêtait sa maison et surtout sa
piscine près de Toulouse, nous révisions nos examens de droit, il faisait beau, on riait, je croyais qu'on pourrait ne jamais quitter ce moment gracieux que je faisais tout pour
préserver."
Bien sûr il en est d'agaçantes, des listes de Dantzig, comme celle-là, c'est vrai, la "Liste de catégories de personnes peu intéressantes" :
"Celles qui n'ont jamais fait de latin.
Celles qui n'entrent jamais dans un musée.
Celles qui n'ont jamais lu un livre.
Celles qui s'intéressent à une oeuvre d'art pour son sujet."
... mais il en est aussi de tellement belles, agréables à regarder, bien polies, si profondes qu'on peut se voir dedans, que je lui pardonnerai ses quelques excès de snobinardise que l'on doit
prendre au xième degré, j'en suis certaine ! quant au reste, c'est souvent subjectif, et tant mieux ! rien ne m'énerverait autant que d'avoir l'impression de lire un dictionnaire basique !
Pour lire une mauvaise critique de ce livre, car oui, je suis peut-être la seule à proposer des mauvaises critiques des livres que j'apprécie, peut-être pour faire contre-poids, ma fichue habitude
des bilans "coût-avantage" ..., c'est là : mais je vous préviens, c'est
tellement subjectif, pour le coup, que, moi, ça m'a fait rire comme un exercice de style incompris ou fait pour être comique !
Lundi 2 février 2009
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