De semaines en semaines, Soan prend de l'ampleur, du volume ... Son enveloppe
travaillée ne le dessert pas, bien au contraire, on sent la vérité en lui, et c'est ce qui emporte l'adhésion.
C'était aussi la soirée "Juju", Julien Doré.
Très bien vu, d'ailleurs, car Julien, c'est l'homme des limites, du border line, les limites que l'on explose, celles dans lesquelles on reste, le titre du premier single de son album Erzatz
...
Et hier soir, les moins bons candidats ont montré les leurs, de limites, la prod' aussi, d'ailleurs ...
Son heure de gloire, hier soir, à Damien ! bien soutenu par
Julien Doré, qui l'a aidé à revoir l'arrangement de Wonderwall d'Oasis et qui l'a accompagné à la guitare, peut-être cela l'a-t'il aidé à avoir confiance ...
Enfin, il a révélé ses couleurs, celles que l'on avait pressenties lors des castings, que l'on avait entrevues dans les vidéos de son salon ... et qui étaient cruellement absentes depuis le premier
prime.
Oui, Damien a de la voix; oui, Damien a de la présence sur scène; oui, Damien est capable de captiver le public avec autre chose que ses yeux de cocker; oui, Damien s'apprécie enfin avec les
oreilles ... Que ça fait du bien !
Très bien servi par la mise en sons, pour une fois le délirant Shiti n'a pas abusé de la réverbe et s'est contenté d'appuyer très légèrement, ce qui a donné du relief sans chercher à tricher et
sans noyer le produit dans l'océan de brouhaha que trop souvent il commet ...
Bref, Damien a enfin livré le secret de ce qui attire l'ouïe et les tripes : ce vibrato très profond, qui provient du vrai coffre qu'il a en lui, et qui, jusqu'à hier restait juste un bêlement
insupportable ... (car ce qu'on peut passer à Julien Clerc comme étant sa marque de fabrique, on ne peut pas l'accepter comme récurrence pour tout un chacun ... !)
Enjoy !
Frozen, de Madonna ... Dommage le choix, je pense, parce qu'il ne lui permet pas
de s'exprimer beaucoup, à Leïla ... et puis je ne pense pas que Julien Doré lui ait consacré beaucoup de temps, à elle, hein ...
Elle est techniquement fausse sur presque toutes les descentes, elle n'a ni le souffle ni la tonalité pour ce qu'on lui demande, malheureusement ... et il aurait été bienvenu de s'en rendre
compte AVANT le prime ...
Je vous épargne la vidéo ... si vous y tenez c'est ici.
Par contre, si vous voulez entendre une excellente reprise de Frozen, même si le son (enregistrement amateur au Zénith de Paris, le 14 juin dernier) n'est pas top-top, c'est à suivre, et
c'est Christophe Willem :
"Trop de vibe tue la vibe" ... c'est pourtant une maxime qui revient chaque année à
la Nouvelle Star, et là, c'est Lary qui en a fait les frais ...
Un bon choix de titre, peu original dans le répertoire de Lary, mais un truc qui pouvait lui permettre d'assurer : I heard it throught the grapevine, du groovissime Marvin Gaye ...
On s'est profondément ennuyés, ça n'a jamais démarré ... et Lary a montré les limites de la vibe, quand elle n'est au service de rien : pas de profondeur, pas de sens, pas de mouvement ... juste de
l'entraînement, quoi ... Pour autant, je ne l'aurais personnellement pas pour autant désigné partant hier soir, tant le suivant a été dramatiquement mauvais, mais là, c'est le choix du public,
apparemment, celui qui a régulièrement "de la merde dans les oreilles" (copyright Marianne James !)
Catastrophique Thomas dont la présence à ce
stade de l'émission me surprend encore ... Hier soir il a montré, lui, les limites d'un genre : tout le monde n'est pas Elton, n'est pas Freddy (ouh la, surtout pas toi, gamin ...), tout le
monde n'est même pas Boy George ... Non, Thomas reprenant Régine dans Tu m'oublieras, c'était juste un garçon coiffeur déguisé (car oui, Thomas, quand il a un coiffure normale, il paraît déguisé)
et fardé qui faisait un bout d'essai chez Michou ... comme moi, c'est pas le programme que je voulais regarder, j'ai pas adhéré.
Il récolte ses 3 premiers rouges, Dalé ... et ils ne sont pas
volés parce qu'il y a des morts qui ne méritent pas d'être tués une seconde fois en prime time, et Gainsbourg en fait partie ... Je suis venu te dire que je m'en vais ... O combien on aurait
préféré qu'il s'abstienne, Dalé ... Lui aussi a réellement montré les limites qu'on lui supposait depuis le début: sorti de son univers groovy, y a plus rien, dommage ! Pas la peine de s'étendre
... les refrains étaient passables ... le reste à jeter ... et honteusement, encore ...
C'est elle qui a terminé le programme, Camélia-Jordana, mais ce
n'est pas elle qui clôturera cette chronique, car j'ai pour habitude de terminer mon propos par le meilleur ...
Moi, j'aimerais que Renaud Rahard, le producteur de cette émission, me dise pourquoi il en veut ainsi personnellement à cette fille, une rancune tenace, peut-être, une haine familiale
plurimillénaire, je l'ignore, mais qu'est-ce qu'elle ou ses ancêtres, ont bien pu lui faire, à cet homme, pour qu'il gâche ainsi ses possibilités chaque semaine (mis à part le premier prime) en lui
confiant des textes et des mélodies soit hors de portée soit si désespérément plats ou datés que l'exploit en devient impossible (si on n'est pas Christophe Willem dans Où sont les femmes de
Patrick Juvet ou dans Ca plane pour moi pour Plastic Bertrand, deux plantates assurées qu'il avait magnifiées ... !).
Hier soir, c'était Le coup de soleil, de Richard Cocciante ... Pour moi, c'était plutôt le coup de bambou pour Camélia-Jordana, un truc à vous faire regretter que l'auteur ne soit pas passé avant
par la case prison ...
La chanson montée à l'envers, pour ôter la seule originalité qu'elle avait, ses montées ... OK, ça aurait pu le faire ... mais ça l'a pas fait ! La seule chose que je lui reconnaisse, c'est qu'on a
pour la première fois sans doute écouté les paroles ... en valaient-elles la peine ... ? je suis dubitative, et en tout état de cause, le rendu n'était pas suffisant pour faire oublier l'ineptie et
le vide de l'oeuvre ... Elle a eu ses 3 bleus, remis comme une décoration militaire au brave petit soldat qui a fait ce qu'il a pu qu'elle est ... mais DD a eu LA phrase qui tue : "Mais quand
chanteras-tu des chansons NORMALES ?"
Consécration ce soir encore pour Soan, sur Alabama Song des Doors.
La différence entre un chanteur et un artiste.
Simplement.
Soan, moi, je le rêve écrivain, je le rêve acteur, c'est l'acteur français type pour Tim Burton ...
Et en chanteur, il frise parfois le génie. Comme hier soir.
Il était polymorphe, Soan, hier soir.
Il y avait en lui la poésie de Charlie, celui de la Chocolaterie,
il y avait le côté enjôleur et dangereux de Jack Sparrow,
il y avait le Monsieur Loyal des plus grands cirques,
il y avait un homme qui a la présence intérieure suffisante pour faire oublier Jim Morrison et porter, de la voix et du corps tout entier, pourtant presque sans un mouvement, juste avec les yeux
(clins d'yeux), la bouche (sourire en coin), et les mains, un public de mille personnes plus quelques dizaines de milliers d'autres devant leur poste de télé ...
Il y avait un artiste qui a donné tout son sens au mot "interprétation" sur Alabama Song des Doors. Rien que ça.
Philippe Manoeuvre nous a gratifiés de l'histoire de cette chanson qui figure sur le premier album des Doors en 1967, et que j'ignorais, même s'il s'est trompé d'oeuvre : ce titre est
issu de l'Opéra de Bertold Brecht et Kurt Weill pour la musique, "Grandeur et Décadence" (et non de l'Opéra de Quat'Sous, Philou !)
Et Philippe a livré certainement une de ses meilleures répliques, et la plus fine :
"Dans un film de Wim Diesel, un des protagonistes dit : "dis donc mec, c'est pas parce que tu t'es rêvé boxeur devant ta glace, que t'es obligé de monter sur le ring et de mettre les gants avec
Mohamed Ali ... " Et si on remplace boxeur par chanteur et Mohamed Ali par Jim Morrison, on va voir où je veux en venir ... Il y avait quand même un risque absolument énorme: Jim Morrison, c'est
juste un des trois meilleurs chanteurs de rock de tous les temps, et Soan a été taquiner l'ombre prodigieuse d'un monument de la musique, et s'il en est tiré en prenant un petit chemin de traverse
et en ramenant la chanson vers le théâtre, vers le beuglant, vers Kurt Weill (NDR : le compositeur de l'Opéra en question), c'était la seule solution, bravo ! Et bravo pour la signature vocale
finale incroyable !"
Côté interprétation, regardez la vidéo, elle parle d'elle-même. Je noterai que Julien Doré, qui a pas mal bossé avec Soan, s'est éclaté dans le maniement des cimbales, vérifiant le principe selon
lequel une oeuvre est aboutie lorsqu'elle est un travail d'équipe, que l'on soit deux sur scène, ou huit ... et Soan l'a bien compris aussi, qui est allé titiller Franck au piano, puis le
guitariste, incluant une dose de jeu qui met encore en relief sa force et sa maîtrise scéniques.
Je noterai deux de ses phrases : "Je remercie le producteur, Renaud, de m'avoir fait confiance sur cette chanson". Je lui tape assez dessus pour noter quand quelqu'un est manifestement satisfait
... !
Et, sur W9, sa conclusion : "je suis bien content de pas être à la Starac".
Nous aussi !
Seul petit problème qui lui reste à résoudre : la qualité de son anglais
...
La semaine prochaine, toute la question est là : quel défi pourra-t-il relever ?
Mais Nouvelle Star est L'Emission type qui nous a déjà montré que ces défis étaient chaque saison à la portée d'au moins un candidat.
Cette année, je suis heureuse que ce soit Soan qui porte cette charge !
Et chaque candidat chantera DEUX titres ...
Mercredi 6 mai 2009
3
06
/05
/Mai
/2009
09:26
3
Et votre avis ?