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A Ajaccio, j'ai mes lieux préférés.
Parmi eux, une des plus belles librairies qu'il m'ait été donné de voir, toutes contrées confondues.

La Marge, 4 rue Emmanuel Arène. En plein centre ville, en haut de la « Place des Palmiers », celle sur laquelle trônent l’Empereur et ses 4 lions aux pieds.

Attention, j'ai bien dit "librairie", et non pas "magasin de livres" ... grande différence !

A La Marge, une vraie ligne éditoriale, des choix culturels solides et affirmés. Et bien entendu totale exhaustivité sur les éditions corses, dans les deux langues.

 

Dès l’entrée, ni Marc Lévy ni Guillaume Musso, pourtant grands pourvoyeurs de clientèle ne vous aguichent de leur œil enjôleur, un brin putassier. Il faudrait même chercher pour les croiser … sans doute on les y trouve, car à La Marge, on n’est pas censeur, mais ils ne sont pas le fer de lance de la boutique, au point que mes pas n 'ont pas croisé les leurs …

 

Non, dès l’entrée, c’est  « Le musée imaginaire de Marcel Proust » d’Eric Karpeles, que l’on croise, Jean Rouaud, José Luis Borges, Raphaël Sorin … «Edgard Morin l’indiscipliné », d’Emmanuel Limieux ; « Gilles Lapouge, la légende de la photographie », Roland Barthes et son « Carnet du voyage en Chine » …

 

Attention encore, La Marge n’est pas non plus un lieu où on culture plus haut que son derrière…

Un rayon BD, tous genres confondus, particulièrement fourni, un quart de la librairie consacré à la littérature enfantine et adolescente, le tout dans une présentation ludique, attractive qui donne forcément envie de s’asseoir et de feuilleter, de se laisser guider par les choix, par les couleurs, par les évocations ….

 

Des éditions « poche » bien choisies pour que toutes les bourses soient logées à la même enseigne : celle de la possibilité d’accès; Nina Berberova, Albert Cohen, Boris Vian, Pierre Assouline, Saint-Ex, voisinent sur de longues tables, bordées par tout ce que l’on compte d’éditions d’art, architecture, musique, peinture, photographie, cinéma, astronomie. De nombreux récits de voyage aussi, on est sur une île dont la diaspora éclatée montre à quel point son peuple est voyageur …

 

Le tout dans une décoration de pierres et poutres apparentes, peintures blanches, bibliothèques de bois blond, le tout agréablement rafraîchi par une climatisation douce.

 

Bien sûr on trouve aussi la table des premiers au box office « Galligrasseuil », les Carrère, Fottorino, Lanzmann, Ben Jelloun et autres Makine.

Et, sur la même table, des éditions plus rares, mêlées, alternant avec ces sommets, montrant là encore que la qualité peut se trouver partout présente et que le bandeau rouge n’est pas l’unique critère de qualité d’un ouvrage. Des éditions plus confidentielles : Zoé, Albiana, POL, Buchet-Chastel, Sabine Wespieser, et bien d'autres …

 

Un rayon complet consacré à tous les guides touristiques qui se peuvent  recenser. Plusieurs bibliothèques d’ouvrages policiers dans des éditions ad hoc, parfois peu connues.

 

On trouve également un petit rayon entier de « La Pléiade », mis en valeur au même titre que les autres.

 

Une alcôve de la librairie entièrement consacrée à la littérature étrangère : anglo-saxonne ; Allemagne et Europe du Nord ; Russie et Pays de l’Est ; Italie et Espagne … Et une bibliothèque entière de poésie.

Tout le premier étage est consacré à la philosophie, à l’histoire, à la sociologie, la science politique, l’écologie, l’actualité, l’ethnologie, la psychanalyse …

 

Et enfin un tiers du lieu consacre la culture corse : sa langue, ses écrivains, dans des éditions purement corses comme dans des classiques qui en parlent ; la géographie, l’histoire, les traditions culinaires, l’enseignement de la langue, les livres d’art, les ouvrages politiques, la littérature de voyage, toutes les grandes encyclopédies corses, comme Stempa Nostra. Et plusieurs rayonnages qui mettent en avant la littérature policière corse, particulièrement vivante.

 

Bref La Marge, vous y entrez au hasard d’une promenade, vous y restez par plaisir, vous y reviendrez avec passion.

C’est un des principaux lieux de culture et d’engagement de l’île.
Internet ne l’a pas encore tué.
Ce sont ses clients qui lui permettent de vivre.
Ne l’oubliez pas lorsque vous faites vos choix.

Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /Août /2009 11:05
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Commentaires

Hello!
Alors dans cette belle boutique (oui il y en a encore quelques unes comme celle ci et c'est un plaisir d'y aller!),que t-ont-ils conseillé ou qu'as tu déniché toute seule qui vaille le coup?Bonne playa et belle lecture!
Commentaire n°1 posté par Natacha le 17/08/2009 à 10h23
J'y allais pour acheter un bouquin en particulier, Au-dessous du volcan, de Malcom Lowry. Et j'ai commandé en poche le Dictionnaire égoïste nana de mon grand Charles Dantzig. Mais c'est vrai que d'années en années je me régale dans ce lieu. Il y a quelques années, on s'était inquiétés lorsque le précédent propriétaire a cédé son affaire, parce que c'était un vrai personnage incontournable de l'île, avec une vraie ligne, et craignait une standardisation du lieu ... Et puis, après quelques temps, le lieu est né à nouveau sur les mêmes concepts que le précédent, et on ne peut que s'en réjouir ... mais tu sais, toi, à quel point ces exceptions culturelles sont fragiles ...
Commentaire n°2 posté par EC le 17/08/2009 à 12h12

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