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Un discours d'homme d'Etat que celui de Nicolas Sarkozy prononcé au soir du 1er tour de l'élection présidentielle. Un discours pensé, ramassé, tout entier tourné evrs l'enjeu du second tour : le choix entre deux programmes, de conceptions de la France et de son avenir.

C'est donc pour cela qu'avant tout, alors que d'aucuns l'attendaient peut-être dans l'humiliation d'une quête des voix de François Bayrou, Nicolas Sarkozy s'est avant tout adressé aux électeurs français en général, et de gauche en particulier. C'est le moindre des respects que de prendre en considération son adversaire et de lui parler dignement. Il a affirmé son "respect de Madame Royal et de ses convictions", indiquant qu'il fallait maintenant "débattre sur des idées". Une façon très élégante de parler sans le dire de la conduite de ses opposants à son égard durant la semaine précédant le 1er tour.

Il a parlé en premier lieu à "TOUS LES FRANCAIS, aux travailleurs, aux employés, aux ouvriers, à ceux dui donnent beaucoup et qui ne reçoivent jamais rien".

Il a ensuite rappelé les valeurs qui lui sont chères : l'identité de la Nation, l'autorité, le travail, le mérite, la moralisation du capitalisme financier, le développement durable. Il s'est maintenu sur la ligne large qu'il s'était fixée tout au long de cette campagne, se posant en rassembleur de la France entière.

Il a, lui, parlé à cette France qui a peur, peur de la violence, de la délinquance, des délocalisations, de la concurrence déloyale, de la dégradations des conditions du travail, de l'exclusion. Il en a parlé sans la stigmatiser, sans lui proposer du vent et de l'imagination au pouvoir en échange. Il lui a proposé de retrouver le goût d'entreprendre, le goût du risque.

Il a parlé avec des mots auxquels il donnait tout leur sens, mais rien que leur sens : il a demandé à pouvoir parler de "protection sans être accusé de protectionnisme", de "Nation sans être accusé de nationalisme".

Il a proposé à la France de se rassembler autour de lui comme une vraie famille, une famille dans laquelle le plus fort soutient le plus faible et l'aide à s'élever, dans laquelle "le plus faible reçoit autant d'amour, de respect et d'attention que le plus fort", il a souhaité que dans chaque personne faible on reconnaisse avant tout "la dignité de l'homme et du citoyen".

Il a terminé sur son credo premier : "une société de plein emploi pour une société de pleine citoyenneté".

Il a proposé au peuple un "nouveau rêve français": celui d'une "République fraternelle, où chacun trouvera sa place, où personne n'aura plus peur de l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme une richesse".

Un discours qui avait du sens, dont les mots exprimaient des idées et faisaient référence à un programme, un programme que l'on connaît et que l'on va redécouvrir dans l'entre deux tours car c'est sur ce programme que nous devrons nous prononcer.

Dans la dignité et le respect de l'adversaire.

NB: suffisamment âgée pour avoir connu des meetings du Chirac des grands jours (donc il y a bien longtemps ...), une remarque m'est venue en regardant le discours d'hier soir Salle Gaveau: jadis on criait "Chirac Président", maintenant on scande "Nicolas Président", c'est aussi une grande différence que cette réelle proximité avec son auditoire et ceux qui le soutiennent, elle est beaucoup moins factice que la précédente, elle vient du coeur et est partagée.

Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 11:16
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Par Emmanuelle Colombani - Voir les 1 commentaires
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